Note à Philippe de Gonneville, Maire de Lège Cap-Ferret.
Note d’observation – Budget 2025
Objet : Analyse de l’allocation budgétaire dédiée au risque incendie
Contexte
Le Budget Primitif 2025 de la commune de Lège-Cap Ferret a été présenté lors du Conseil municipal en cohérence avec les grandes orientations du DOB et dans un contexte économique et environnemental complexe. Parmi les enjeux majeurs identifiés figurent les politiques environnementales et la gestion des risques, y compris les risques incendie, particulièrement sensibles pour une commune littorale et boisée.
Constat budgétaire
L’analyse du budget révèle que :
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La ligne budgétaire "Risques majeurs" (chapitre 2301) est dotée de 130 000 € pour l’exercice 2025.
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Elle s’intègre à un ensemble plus large "Environnement – Risques majeurs" qui totalise 1 490 101 €, mais cette enveloppe couvre des opérations diverses (amélioration de l’environnement, recomposition urbaine, etc.) sans détail spécifique sur la lutte contre l’incendie.
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A titre de comparaison, le budget alloué à l’école de dance est de plus de 1 500 000 € soit à lui seul supérieur au budget alloué à l’environnement et aux risques majeurs.
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Les dépenses relatives à la sécurité (police municipale) représentent 501 000 €, mais concernent essentiellement la vidéoprotection et le fonctionnement courant, sans mention explicite d’une stratégie ou de moyens dédiés à la prévention ou à l’intervention contre les incendies.
Analyse
Bien que la prise en compte des risques majeurs soit budgétairement identifiée, le risque incendie ne fait l’objet d’aucune ligne dédiée ou explicite, ce qui est très préoccupant compte tenu :
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de la localisation géographique de la commune en lisière forestière et bordure littorale ;
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de l'affluence touristique estivale augmentant la vulnérabilité ;
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du changement climatique qui accroît la fréquence et l’intensité des événements extrêmes.
Recommandations
1. Identification spécifique : Distinguer au sein du chapitre "Risques majeurs" une ligne budgétaire dédiée au risque incendie, avec une ventilation claire des actions (ex. débroussaillement, campagnes de prévention, réserve d’eau, équipements d’intervention rapide contre le feu, camions, citernes, patrouilles forestières...).
2. Renforcement de l’effort financier : Porter progressivement l’effort budgétaire à un niveau cohérent avec les zones à risque recensées par le Plan Communal de Sauvegarde (PCS) ou le Document d’Information Communal sur les Risques Majeurs (DICRIM).
3. Partenariats : Prévoir des crédits pour des conventions renforcées avec le SDIS, notamment sur des dispositifs de surveillance ou d’intervention renforcés pendant la période estivale.
4. Subventions ciblées : Mobiliser davantage les financements de l’État ou de la Région via des programmes comme le Fonds vert, la DETR, ou les dispositifs spécifiques liés à la prévention des incendies en zone à risque.
Conclusion :
Il semble préoccupant qu’à la suite des incendies dévastateurs ayant touché La Teste-de- Buch en 2022, la commune de Lège-Cap Ferret n’ait pas pris des mesures budgétaires plus marquées pour renforcer la prévention et la lutte contre les feux de forêt. Le budget 2025 semble avant tout orienté vers des projets d’aménagement urbain et d’attractivité touristique, au détriment de la protection du territoire et de ses habitants.
En analysant en détail le budget, il apparaît également que les investissements conséquents dans le développement des infrastructures touristiques contribuent indirectement à accentuer le risque incendie. L’augmentation de la fréquentation humaine en période estivale, couplée à un environnement naturel sensible, multiplie les facteurs de
déclenchement et de propagation des feux. Il ne s’agit donc pas uniquement d’un budget négligent face à une menace connue, mais d’un budget qui, par ses choix d’investissement, aggrave les risques existants.
Ainsi, on peut affirmer que ce budget ne se contente pas d’ignorer la problématique des incendies : il contribue activement à accroître l’exposition des personnes et des biens à ce danger. Cette approche soulève une interrogation majeure sur la responsabilité collective en matière de sécurité publique et de résilience face aux risques naturels.